Strify: On a simplement eu une chance extraordinaire! Vraiment. Notre rêve était de devenir professionnels. On travaillait donc beaucoup notre jeu, notre son, notre voix, pour faire la meilleur impression possible. Un jour, par pur harsard, nous étions en train de déambuler dans une autre convention e manga, et un professionnel de la musique nous a repérés. Au départ, c'est notre style, nos vêtements, qu'il a remarqués. Quand il nous a dit qu'il travaillait dans la musique , nous nous sommes dits que c'était peut-être la chance de notre vie. Nous avions enfin un contact dans l'industrie du disque! Nous lui avons donc envoyé une démo de nos meilleures chansons, et rapidement, nous avons eu un contrat. Aussi simple que ça!.
Luminor: Ca a été à une vitesse incroyable... On a simplement rencontré la bonne personne au bon moment. Une chance inouïe. C'était en 2006. Cela dit, ce n'est pas parce qu'on avait un contrat qu'on avait un album. Il a fallu travailler très dur et faire démo sur démo pour prouver notre valeur..
Kiro: A cette époque, nous étions encore en train de nous chercher en tant que groupe. On jouait beaucoup de morceaux différents pour trouver un style qui nous correspondait à tous les cinq. Ce travail a duré au moins six mois avant qu'on puisse attaquer la fabriquation de l'album..
Luminor: L'un de nos objectifs était de combiner nos sensibilités musicales. Nous avons tous des goûts vraiment très variés [Rires du groupe]. C'était d'aileurs très excitant de créer Cinema Bizarre à partir de toutes ces influences. Mais c'était aussi très compliqué parfois....
justement, vos goûts sont tellement différents. Comment pouvez-vous vous mettre d'accord sur quoi que ce soit au nivau de la musique ?
Strify: Ce sont justement nos différence qui, selon moi, font la force de Cinema Bizarre. Chacun de nous rapporte ses influences musicales, vestimentaires, culturelles, qui sont toutes très varriées. D'ailleurs, lorsque nous sommes ensemble quelque part, l'un d'entre nous va mettre sa musique sur la stéréo et les quatre autres vont systématiquement s'écrier: " Eteins-nous ça, par pitié!".
Mais quand vous êtes par exemple en voiture tous les cinq,qui décide de la musique ?
Luminor: On a abandonné depuis longtemps... Chacun amène son MP3 et ses écouteurs! [Rires].
Sur cet album, pouquoi avoir enregistré les chansons dans plusieur pays différents avec des producteurs différents ?
Luminor: Depuis le début, nous avions en tête plusieur parties bien distinctes dans l'album, plusieurs ambiances différentes. Avec notre maison de disque, nous avons cherché les auteurs, compositeurs et produsteurs qui nous semblaient les plus proches de chacune de ses sensibilités. Nous leur avons expliqué nos idées, notre façon de voir les choses..
Strify: Nous avons eu aussi des producteurs qui nous ont proposé directement des chansons. Ensuite, nous avons fait le tri et travaillé les titres qui nous correspondaient le plus..
Kiro: Pour le prochain album, nous essayons d'avoir des morceaux que nous avons composé ou écrits nous-même. Nous y travaillons en ce moment..
Parlons de votre vie au quotidien. Est-ce qu'on vous reconnait maintenant dans la rue ?
strify: A Paris, je ne sais pas , parce que nous n'avons encore jamais eu l'occasion d'être seul dans la rue. Par contre, à Berlin, ça nous arrive très souvant. Nous connaissons des quartiers où il est certain que nous serons reconnus tout de suite. Il y a aussi des fans qui connaissent notre adresse et qui nous attendent devant la porte....
Ca vous agace ?
Strify: Hmmm...Parfois,oui. Il m'est arrivé d'avoir besoin de sortir pour aller acheter quelque chose, une simple bouteille d'eau ,par exemple, et d'y renoncer en pensant à ce qui m'attendait en bas de chez moi. Mais bon, la plupart du temps, ça se passe très bien. Les fans sont très cool. On ne va pas s'en plaindre non plus....
Luminor: Ca fait partie du métier. Si vous ne voulez pas être reconnu, signer des autographes, être abordé par des inconnus dans la rue, mieux vaut faire autre chose ! .
Vous arrive-t-il de vous habiller différemment pour passer inaperçu ?
Luminor: Non, parce que je suis comme je suis et je ne vois pas pourquoi je devrais me cacher..
Strify: Personnellement, il m'est arrivé de sortir avec une casquette et des des lunette de soleil, oui. Il y a deux catégories de réaction en fait. D'un côté, il y a les fans qui viennent vous parler,qui prennent une photo, ect.., et de l'autre, il y a ceux qui chuchotent dans votre dos: "Regarde, c'est le gars de Cinema Bizarre..." C'est assez énervant parce qu'on se sent observé. Avec les fans, une rencontre peut évoluer très vite. Un jour, nous nous étions donné rendez-vous dans un parc pour discuter. On ne pensait pas à ce qui se passait autour de nous. Une personne est venue nous demander un autographe, puis un deuxième, et sans qu'on s'en rende compte, on s'est retrouvé avec une cinquantaine de personnes autour de nous ! On ne savait plus comment s'en sortir. On a finallement crié qu'on avait rendez-vous... et est parti en courant ! [Rires].
Comment votre famille réagit-elle à votre succès actuel ?
Strify: Oh, ils sont très contents, très fiers ! .
Kiro: Moi, mes parents ne voulaient surtout pas que j'entre dans un groupe de rock. Quand j'ai commencé avec Cinema Bizarre, ils me disaient : "Regarde ce que tu es devenu ! " [Rires] Depuis, ils ont changé d'avis....
Shin: Je crois que ma famille est fière de moi. Ils aiment ce que je fais..
Yu: Pour moi aussi..
Luminor: De mon côté, c'est différent parce que je vivais déjà seul depuis plusieurs années lorsque le groupe a démarré. Quelque part, je pense que mes parents s'attendaient à ce qui m'arrive aujourd'hui, parce que j'ai toujours voulu chanter et me produire sur scène. Ce n'est donc pas vraiment une surprise pour eux..
Et au niveau de vos amis, de vos connaissances, avez-vous remarqué des changements dans comportements ?
Strify: Oui, énormément. Autour de moi, les gens savaient que je fesais partie d'un groupe, mais ils voyaient ça comme un hobby. Le jour où nous avons signé le contrat, j'ai juste prévenu mes parents et mes amis les plus proches. Je ne voulais pas en faire toute une histoire. Tout a changé lorsque les médias ont commencé à publier des photos de nous. Là, tout à coup, les comportements ont changé. Des gens à qui je disais juste "Bonjour, bonsoir" venaient vers moi avec un grand sourire en disant: " C'est génial, pourquoi tu ne me l'avais pas dit ! " ect. Même des cousins à qui je n'avais pas parlé depuis des années se sont mis à m'appeler... J'ai détesté ça. Je savais qu'il ne voulait que profiter de ma célébrité. Tous ces gens ne s'étaient jamais intéressé à moi jusqu'alors ! .
Kiro: Même chose pour moi. Des personnes que je connaissais vaguement m'abordaient en me disant combien elles m'appréciaient, ect. C'est fou ce qu'on a comme "amis" quand on devient un peu connu !.
Yu: Moi, j'ai eu une expérience différente. Il y a quelque années, j'avais une petite amie qui rêvait de sortir avec un garçon qui faisait partie d'un groupe de rock. C'était avant Cinema Bizarre. Un jour, elle en a rencontré un et elle m'a plaqué tout de suite pour sortir avec lui ! Quand Cinema Bizarre a commencé à percé, elle m'a tout à coup rappelé... [Rires].
Shin: Il y a beaucoup de gens dont je ne me souviens pas et qui me disent: " Comment ça va? Tu te rappelle de moi ? " Ca m'arrive tout le temps..
Luminor: Pour moi, ça peut paraître étrange, mais c'est le contraire qui s'est produit. J'avais des amis très proches depuis des années, et à partir du moment où j'ai commencé à me faire un nom, ils se sont éloignés de moi. Ils ne pouvaient pas gérer ce qui m'arrivait. Un peu comme si j'étais entré "dans le système". C'est dommage....
Comment avez-vous développé votre style personnel ?
Strify: C'est simple, je suis né comme ça! [Rires] Sérieusement, je crois que pour chacun de nous, c'est un processus qui a commencé durant l'adolescence, à des âges différents, et qui se poursuit encore aujourd'hui..
Et que pensez-vous du fait que certains de vos fans cherchent à vous ressembler, alors que vos chansons disent précisément le contraire, qu'il faut être soi-même et ne pas copier les autres ?
Luminor: C'est vrai, mais d'un autre côté, nous pouvons comprendre ces jeunes fans. Pour la plupart d'entre eux, c'est la première fois qu'ils expriment leur moi intime, qu'ils se libèrent de leur prison intérieure. Beaucoup d'entre eux ressentaient déjà ce besoin de changer, mais sans savoir dans quelle direction. En nous découvrant, ils ont comme un déclic et décident de nous ressembler. C'est leur premier geste pour se "libérer". Je ne vois donc pas ça comme une mauvaise chose à partir du moment où c'est la première étape vers une démarche plus personnelle par la suite..
Où est-ce que vous trouvez vos vêtements et vos accessoires ?
Strify: On trouve beaucoup de choses sur internet, notamment sur eBay. A force, on connaît aussi les magasins et les sites qui nous intéressent. Mais on ne va pas donner toutes nos adresses, parce que sinon, ça n'aura plus rien de spécial ! [Rires] Aujourd'hui, nous avons aussi une styliste qui nous aide à choisir nos tenues, notamment pour les tournage de clip, de façon à ce que le groupe forme un ensemble cohérent à l'image. Elle nous créé également des vêtements sur mesure, ce qui est génial car nous avons alors des tenues qu'onne peut trouver nulle part ailleurs..
Et cette ceinture que tu portes, par exemple ? La boucle porte ton nom inscrit en brillants.Où as-tu trouvé ça ?!
Strify: C'est une fan qui l'a faite ! .
Vraiment ?!
Strify: Oui, c'est magnifique, n'est-ce pas ? On reçoit beaucoup de cadeaux de la part des fans: des accessoires, des ceinture, ect. Si on les aime, on n'hésite pas à les porter..
Kiro: Ce pendantif [ndlr -étoile recouverte de brillants] que je porte a aussi été ofert par une fan....
Vous recevez vraiment les cadeaux des fans ? C elle-ci pensent souvent que tout ce qu'elles vous envoient atterrit quelque part dans un bureau de votre maison de disques...
Luminor: Oh, non. Nous recevons tout ! Courier, cadeaux, ect. Il y a aussi beaucoup de fans qui profitent de nos apparitions publiques pour nus remettre un cadeaux en mains propres. Ca fait toujours très plaisir..
Strify: Nous essayons de lire tout le courier, mais nous avons surtout une grosse activité sur internet. Chacun de nous a sa page personnelle sur MySpace où nous répondons directement aux fans..
Vous voulez dire que ces pages sont vraiment personnelles, que ce n'est pas du marketing géré par la maison de disques ?
Strify: Absolument. Ces pages, c'est vraiment nous. Cinema Bizarre a démarré sur internet. C'est là que beaucoup gens nous ont découverts. Aussi, nous voulons continuer à garder ce lien particulier en restant très présent sur la toile..
Kiro: On fait ce qu'on peut pour répondre à un maximum de personnes, mais c'est impossible. Certains jours, on se connecte et on a 200 nouveaux messages ! Imaginez... Par contre, on les lit tous..
Strify: Personnellement, il m'arrive de passer jusqu'à deux heures par jour sur ma page MySpace pour gérer le courier des fans. Donc, si une fans m'écrit, elle peut être certaine que je lirai son message. Mais je n'aurais pas forcément le temps d'y répondre. Il ne faut pas que les fans se sentent oubliées ou ignorées. Certains d'entre elles sont très frustrées qu'on ne leur réponde pas , elles prennent ça très à coeur. Mais on ne peut simplement pas répondre à tout le monde. Ca nécessiterait une activité à temps plein ! Il faut bien qu'elle comprennent ça..
Quelle est votre impression des fans françaises ?
Luminor: Elles sont vraiment géniales. Depuis le début, nous avons reçu un soutien énorme de la part de la France. D'ailleurs, tout de suite après l'Allemagne, c'est le premier pays étranger où nous avons sorti l'album. Ensuite, ce sera l'Italie, le Danemark,ect..
Lorsque vous êtes en concert en Allemagne, chantez-vous aussi en anglais ?
Luminor: Oui, l'anglais est la langue de Cinema Bizarre. Dès le début, nous avons décidé que le son de la langue allemande ne collait pas avec la musique que nous voulions jouer..
Lorsque vous êtes sur scène, avez-vous le trac ?
Strify: Avant de monter sur scène, surtout. A mesure que notre entrée en scène approche, on sent une boule qui grandit dans le ventre. Le pire moment, c'est quand vous êtes déjà en coullisses et que ça va être votre tour. Là, c'est vraiment horrible ! Votre coeur bat de plus en plus vite et ces quelques secondes vous semblent durer une éternité..
Kiro: Ensuite, lorsqu'on est sur scène, l'adrénaline et l'énergie nous submergent et on oublie tout le reste..
Strify: Et une fois que c'est fini, on n'a qu'une seule envie: y retourner ! [Rires] .

